L'architecture

Hossegor, un caractère, un style, une identité

Dans l'entre-deux-guerres, de splendides villas ont été édifiées un peu partout à Hossegor, en front de mer, au bord du lac, le long du golf... La station balnéaire se distingue par une unité et une originalité de style totalement inédites. Mélange d'influences d'Art déco, parfois hispaniques, la maison basco-landaise signe l'identité de la cité.

Apparue après la grande vague des villes d'eau et des stations de bord de mer, Hossegor hérite d'un certain nombre de leurs caractéristiques, mais devient très vite le laboratoire d'architectes visionnaires qui, en conciliant techniques modernes et inspiration régionaliste, inventent un nouveau style.

De type labourdine avec une influence landaise, ces maisons que l'on observe dans les campagnes basques sont donc transposées et adaptées au style de vie d'une cité balnéaire. De cette inégale synthèse, naît le style basco-landais qu'illustre une pléiade de remarquables architectes tels que Henri Godbarge, Louis Lagrange, Louis et Benjamin Gomez, Léon Cuzol, Jean Prunetti, Albert Pomade... dont s'entoure Alfred Eluère (promoteur puis maire de la station) pour ériger sa cité-parc. Cela ne fait aucun doute, affirmait Maxime Leroy dans le préface de Villas d'Hossegor, (1933), Hossegor doit sa deuxième réussite aux architectes, la première revenant de droit aux écrivains établis en ce lieu précisément autour de 1900. Henri Godbarge, le théoricien du bascolandais, réalise en collaboration avec les frères Gomez l'Hôtel du lac et le Sporting-casino. Classé aujourd'hui Monument Historique, le Sporting représente une version aboutie de l'application du « basco-landais » aux grands édifices. Le constat est le même pour le clubhouse, ancienne conciergerie du golf confiée aux frères Gomez, pour lequel on a remonté le pavillon des arts réalisé pour la quinzaine régionaliste d'Hossegor de 1927.

Environ quatre cents villas sont construites dans la période de l'entre-deux-guerres obéissant toutes à une même logique architecturale. La Chartreuse, Primerose, Aguilera, Maya, Adichatz, Le Repos, Les Chênes-Lièges, Romance... ce sont avant tout des maisons de villégiature, avec terrasses et loggias, nichées au milieu d'un parc. Ouvertes, les villas d'été donnent sur la mer contrairement aux villas d'hiver qui se referment sur les jardins. Les baies vitrées laissent entrer le soleil et favorisent le passage du regard vers l'extérieur.

Les pièces de service, les caves et la chambre du chauffeur sont situées au sous-sol et on réserve l'entre-sol et l'étage aux pièces de réception et de séjour. Balcons, galeries hautes et rotondes permettent de profiter de la douceur du climat. Tout en atténuant les volumes tourmentés par la complexité des distributions, les architectes arrondissent les courbes et se réfèrent davantage aux exemples du classicisme français ou italien qu'à ceux du pittoresque anglo-saxon. Certains introduisent des références hispanisantes, empruntées à l'art mudejar et à la Renaissance espagnole.

L'architecture des villas s'accorde parfaitement aux esthétiques néo-classiques ou Art déco choisies pour réaliser les décors intérieurs du casino et de certains hôtels.

Quant aux façades, elles sont marquées par l'identité gasconne et landaise. Pans de bois, façades blanches et crépies, murs saillants, encorbellement, loggias, escaliers et briquettes rouges sont utilisés pour restituer de façon ingénieuse une réalité très diverse.

Si aujourd'hui certaines villas ont été vendues à des promoteurs et transformées en appartements, le plus grand nombre a été restauré, laissant à Hossegor un parc immobilier dont l'homogénéité et les qualités architecturales ajoutent à l'intérêt et à la beauté du site.

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